50 milliards d'objets connectés en 2020 ? Où en sommes nous ?

Le Covid-19 qui frappe actuellement va changer les façons de faire et la relocalisation de certaines industries sera possible à condition d'améliorer l'excellence opérationnelle. Celle-ci passera par l'utilisation plus intelligente et intensive des objets connectés, pour peu que les usages et le business model soient les bons.

Les plus grands analystes ont prédit qu'il y aurait 50 milliards d'objets connectés en 2020 et le compte est bien loin ! Quelles en sont les raisons ?

Déjà ,où en sommes-nous ?

Plutôt assez loin du compte : 9,4 milliards d'objets connectés... et que sont devenus les 41 milliards manquants ? Certains vous diront que les smartphones et tablettes en font partie... bien maigre justification !

Il y a des raisons à ce développement "très" modéré, et on peut citer 5 raisons principales :

  1. L'utilité de l'objet en soit
  2. Le business model peu ou pas approprié
  3. L'oubli qu'un existant... existe
  4. La qualité de l'objet
  5. Le POC, PIC, etc.

Et puis, il y a aussi des sujets qui sont liés à des secteurs bien identifiés. La banque a un intérêt modéré alors que l'industrie avec l'industrie 4.0 en tire déjà des bénéfices ! L'assurance y vient et le médical y est déjà mais qu'il y ait un intérêt ne suffit pas. Je vous propose de balayer les 5 raisons (qui ne sont pas les seules) qui font que les objets connectés ont du mal à se développer.

Première raison : L'utilité de l'objet

Bien des objets proposés ont une utilité très réduite voire nulle. Et on le voit sur le marché. Durant les années 2018-2019, 50% des entreprises qui ont lancé un objet connecté sur le marché ont mis la clé sous la porte ! Le manque de bon sens, des prix non adaptés, penser que tout le monde va acheter, business model non adapté... tout autant de raisons qui diminuent l'attrait de l'objet. L'objet semble sympa... pas assez pour l'acheter en masse.

Seconde raison : Le business model peu ou pas approprié

Nerf de la guerre, le business model doit être adapté à l'objet quitte à le créer. Pour un modèle, il faudra être très convaincant, non pas auprès des investisseurs mais juste et surtout auprès du marché. Product As A Service ? Produit ? Location ? B2B ? B2C ? B2B2C ? les coûts de production, de maintenance, de support.... beaucoup de critères entrent en ligne de compte mais un faux pas, un mauvais critère et le modèle ne tient plus.

Cela peut paraître évident, mais c'est la dure réalité et j'ai déjà vu de très grands groupes passer à côté. Certes ils avaient une très belle offre, mais le réseau, la tarification, la facilité de mise en œuvre et d'utilisation et bien d'autres raisons ont été oubliées et c'est là que commencent tous les soucis.

Il ne faut pas hésiter non plus à faire des expérimentations (pas des POCs !) par paliers, à trouver des cobayes qui vont essayer, tester, vérifier. Donc le business model doit être bien pensé et prêt à être adapté.

Troisième raison : l'oubli de l'existant !

Il y a un existant qui est lui déjà là. Je vais prendre un exemple de mon vécu : un pavillon avec des volets roulants qui sont là depuis un moment. Donc je me suis dit que ce serait bien de trouver une solution qui me permette de commander mes volets, mes lumières et la température de mon pavillon. J'ai donc cherché des solutions. Compliqué de trouver des solutions multi protocoles pour faire une simple domotique. J'ai fini par trouver une solution mais la majorité de celles du marché étaient compatibles avec des protocoles très récents et pas avec des protocoles anciens. Résultat : je ne pouvais pas commander mes volets avec ces solutions. Vous souriez en lisant cela, mais imaginez un instant... Si on fait de la domotique juste pour la température, les lumières, le portier, etc, on va se retrouver avec une application par objet. Impensable, inutilisable ! Bonne nouvelle, il existe des solutions, mais il faut être un peu initié malheureusement.

Quatrième raison : la qualité de l'objet

La qualité est un élément essentiel. L'objet connecté doit être fiable. Il faut identifier les contraintes que l'objet va devoir supporter voire surpasser. Le froid, la chaleur (surtout avec les amplitudes que nous vivons ces dernières années), la facilité, la durabilité des composants... Tout autant de critères qui doivent permettre à un objet de durer. Nous avons testé des objets et certains ont duré quelques mois (la garantie joue encore), un peu plus d'un an (dommage ! Plus de garantie pour un certain nombre de ces objets.)

Cinquième raison : le POC, PIC

Tout le monde fait des POC. Oui mais un POC ne prouve qu'une chose : que l'on a beaucoup trop de travail à industrialiser. Si l'on prend des principes comme le DFSS (Designed for Six Sigma), on peut anticiper l'industrialisation et il faut penser à cette industrialisation avant même son démarrage. Ce n'est pas nouveau, c'est ce qui est souvent fait pour des projets d'informatique pur.

Pour ce faire, il est important de bien se placer sur l'après : comment on industrialise et comment on déploie. Et puis, encore une fois, l'utilité de l'objet est souvent remise en cause. Pour cela il est primordial que l'on regarde les cas d'usage en détail.

La pérennité de l'objet est également essentielle. J'ai échangé il y a quelques semaines avec un grand compte qui avait choisi une start-up pour ses capteurs. 10 000 capteurs ont été commandés, mais le grand compte n'a pas sécurisé la start-up, qui a aujourd'hui a déposé le bilan… résultat, plus de capteurs et surtout plus de maintenance de ces capteurs.

Mes expériences passées en la matière m'ont permis de cataloguer des cas d'usages, mais à chacun correspond un modèle économique potentiellement différent !

Et quel avenir ?

Avec les difficultés que bon nombre d'entreprises rencontrent pendant cette crise du Covid-19 pour produire voire juste se faire livrer des produits nécessaires à la continuité d'activité, certaines se posent déjà la question de relocaliser des activités et productions. Néanmoins, il va falloir avoir des capacités plus importantes avec des coûts attractifs ! Et là les objets connectés vont pouvoir aider à obtenir un certain niveau d'excellence :

  • Sécurité des biens et des personnes,
  • Maintenance préventive renforcée,
  • Traçage en tous genres et même de personnes pour leur propre sécurité,
  • Optimisation de la consommation énergétique,
  • Optimisation des machines et outils pour augmenter leur performance,
  • Et bien d'autres encore …

Tout ceci va également impacter encore plus fortement les systèmes d'informations :

  • Beaucoup plus de données et donc une nécessité d'avoir une architecture avec un lien entre les données des objets et les données de gestion. Séparation IT/OT oblige, les volumes étant devenus bien plus importants, nous verrons deux architectures vivre leur vie avec un lien pour les cas qui nécessitent un lien entre ces données IT et OT.
  • Un niveau de sécurité supérieur pour éviter le hacking de chaines de productions et là, la blockchain couplée à l'IA va jouer tout son rôle pour sécuriser et détecter des failles.
  • L'évolution des infrastructures réseaux internes mais également externes avec en plus une augmentation significative du nombre de personnes qui continueront à télétravailler même après la crise du Covid-19
  • Des PCA (Plan de continuité d'activité) et PRA (Plan de reprise d'activité) qui seront revus pour y intégrer bien évidement le risque pandémique, mais également la capacité à basculer des sites entiers en mode "remote control".
La Saga du BPM : Les solutions de BPM (7ème partie...
 

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Thursday, 26 November 2020

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